écoutez

 

 

Sitothèque

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager "Patrimoine sitothèque" sur facebookPartager "Patrimoine sitothèque" sur twitterLien permanent
écoutez

2. Histoire de la bibliothèque bénédictine

Source : Plaquette des Universités d’Hiver 2009.

Les premiers temps de l’abbaye

L’abbaye a été fondée au VIIIe siècle, sur un éperon barré, le "Châtillon", longé par la voie romaine de Fains à Woinville, dans les bois des coteaux de la rive droite de la Meuse, à quelques kilomètres de l’actuelle ville de Saint-Mihiel, en un lieu qui s’appelle maintenant Saint-Christophe.
La légende veut que cette fondation soit due à une manifestation de la volonté de l’archange saint Michel. Les historiens modernes, eux, attribuent cette création à la disgrâce dont fut victime, de la part du roi Pépin le Bref, un grand seigneur austrasien, Wlfoald (Goufaud). Son domaine fut donné par Pépin le Bref à l’abbaye de Saint-Denis. Cette abbaye y établit des religieux dans des bâtiments construits à proximité du château de Wlfoald, après 755 et avant 772. La nouvelle abbaye fut mise sous l’autorité de l’abbé Fulrad, un sarrois, chapelain de Charlemagne.
Le monastère fut transféré entre 816 et 824 au confluent de la Meuse et d’un de ses petits affluents de la rive droite, la Marsoupe. Il fut, à partir de cette époque, désigné sous le nom de Saint-Mihiel. Ce transfert dû probablement au manque d’eau et à l’incommodité des lieux mais aussi au désir de se rapprocher d’un carrefour fluvio-routier eut lieu sous l’abbatiat de Smaragde (abbé après 800 jusqu’avant 830).

Smaragde contribua à la Renaissance carolingienne, comme grammairien et comme auteur spirituel, et écrivit en particulier un commentaire de la règle de saint Benoit dont l’usage général fut prescrit par saint Benoit d’Aniane avec l’accord de Louis le Pieux. Le transfert de l’abbaye faisait donc également partie de la vigoureuse reprise en main de la vie religieuse due au zèle conjoint du pouvoir carolingien et du clergé. Smaragde est aussi l’auteur, très lu pendant des siècles, du Diadème des moines, manuel du bon religieux. Il rédigea une Lettre de Charlemagne au Pape Léon au sujet de la procession du Saint Esprit en 809 et la Voie royale (Via regia), traité à l’usage du bon souverain chrétien, pour le futur Louis le Pieux.
L’abbaye quitta l’orbite de Saint-Denis au cours du IXe siècle lorsque Béatrice, fille d’Hugues le Grand, duc de France et abbé laïc de cette abbaye, épousa Frédéric, futur duc de Haute-Lorraine, et qu’elle reçut en dot les possessions lorraines de Saint-Denis. Béatrice est l’ancêtre des comtes puis ducs de Bar qui établirent en 1090 un château à Saint-Mihiel.

La bibliothèque au XVIIe siècle

L’abbaye souffrit énormément de la guerre de Trente ans. La reconstitution et l’agrandissement de la bibliothèque eut lieu sous l’abbatiat de dom Henri Hennezon (1666-1689). Elle fut déménagée, entre 1688 et 1689, celle-ci dans une aile aujourd’hui disparue située parallèlement et un peu au nord de celle de l’actuelle bibliothèque.
Ce fut aussi à cette période qu’eut lieu l’apport le plus remarquable de l’histoire de la bibliothèque : celui des livres du cardinal de Retz que dom Hennezon fit acheter en 1679. En effet en 1675, Jean-François-Paul de Gondi, cardinal de Retz (1613-1679), se retira quelques mois à l’abbaye de Saint-Mihiel. En souvenir de ce séjour, il lui légua à sa mort sa bibliothèque. L’abbé refusa le legs mais accepta d’acquérir les livres.

La bibliothèque actuelle fut réalisée entre 1768 et 1775. Elle se situe au 1er étage d’une aile perpendiculaire à celle du Grand Logis (salle capitulaire, appartement de l’abbé, cellules des moines).
La première salle devait contenir les archives et la seconde les ouvrages. La première salle de forme carrée présente un plafond richement décoré des symboles des quatre parties du monde dans les angles, des quatre éléments sur les côtés et des quatre saisons au centre. La grande salle mesure 50 m de long, 8 m de large, 5 m de hauteur sous plafond. Les boiseries et les parquets ont été refaits à l’identique après la guerre 1914-1918 ainsi que le plafond de la grande salle qui avait été crevé par un bombardement en 1915.
A la Révolution, le bâtiment ne fut pas détruit, ni les collections dispersées, car ses deux salles servirent de lieu de dépôt pour les archives et les bibliothèques des maisons religieuses et des émigrés du district de Saint-Mihiel saisies par la Nation.

Partager "la bibliothèque bénédictine" sur facebookPartager "la bibliothèque bénédictine" sur twitterLien permanent